Le geste à deux doigts levés, aujourd’hui associé à la paix, trouve ses racines dans des contextes politiques et militaires où il portait un tout autre message. Sa première apparition publique massive remonte à la Seconde Guerre mondiale, mais sa signification n’a pas toujours été consensuelle.
Entre récupération politique, détournement par des mouvements sociaux et diffusion dans la culture populaire, ce signe a connu des évolutions sémantiques inattendues. Son adoption par des groupes aux revendications parfois opposées ajoute à la complexité de son histoire.
Un symbole universel : comment le signe de paix ✌ est devenu un langage commun
Partout, le signe de paix s’impose. Deux doigts formant un V, paume tournée vers l’extérieur. Ce geste, devenu une image paix universelle reconnaissable entre mille, traverse les continents et les décennies. Depuis les années 60, le symbole pacifiste a fait le tour du monde, de Paris à Tokyo, de Woodstock à la place Tian’anmen. Les frontières s’effacent, la signification s’installe.
Qu’il s’agisse de clichés de manifestations, de clips musicaux ou de fresques murales, le symbole peace se glisse partout et se teinte de multiples nuances. Il évoque la paix, bien sûr, mais aussi l’amour, la fraternité, parfois même un brin de défi. Dans la culture populaire, le symbole peace love s’associe à la non-violence, à l’ironie ou à la connivence. Icônes musicales, militants, anonymes ou figures politiques : tous l’adoptent, chacun à sa façon.
Voici comment ce signe s’est imposé :
- emblème des mouvements pacifistes
- signe de ralliement pour la jeunesse contestataire
- marqueur visuel des campagnes pour la paix universelle
Avec le temps, la signification du signe de paix se transforme. Passé d’un symbole de victoire à celui de la paix, il devient un langage partagé, presque instinctif. Au carrefour de l’engagement et de l’utopie, il incarne une aspiration collective.
Sa force, c’est de tout dire sans un mot. Rassembler, fédérer, parfois provoquer : le signe de paix accompagne les sociétés qui visent un monde plus serein, et garde, en filigrane, la mémoire de leurs combats.
Des origines inattendues : l’histoire fascinante du signe de paix à travers les époques
L’histoire du signe ✌ bouscule les certitudes. Avant de porter la paix universelle, ce geste a traversé les conflits et les luttes sociales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill l’érige en symbole de victoire. Mais à la fin des années 50, en Angleterre, une autre histoire commence.
Au centre de cette évolution, Gerald Holtom, graphiste britannique, crée en 1958 un visuel pour la campagne de désarmement nucléaire (Campaign for Nuclear Disarmament, CND). Son design reprend les lettres N et D du code sémaphore. Son objectif : dénoncer la prolifération des armes nucléaires. Rapidement, le logo s’affiche sur badges et banderoles, propageant son message. Bien avant de devenir le fameux « peace and love », le symbole porte d’abord l’empreinte du désarmement et d’une volonté de lucidité.
Les acteurs de cette histoire sont nombreux :
- Churchill : victoire sur la guerre
- Holtom : lutte contre l’armement nucléaire
- Mouvements pacifistes : appel à la paix mondiale
Le geste se transforme au fil des décennies. Dans les années 60-70, la jeunesse, avide de changement, s’approprie le signe. Sur les banderoles anti-guerre du Viêt Nam, sur les murs, dans la mode, il s’ancre dans la culture populaire. Le peace sign quitte le militantisme pur pour incarner un idéal partagé par tous. Derrière ce symbole universel, on retrouve un mélange d’art engagé, de luttes sociales et d’espoirs collectifs.
Pourquoi ce geste a-t-il marqué les mouvements sociaux et la culture populaire ?
Le signe de paix ✌, évident et accessible, s’est trouvé une place dans la rue comme sur les scènes du monde entier. Diffusé par les mouvements pacifistes et les groupes de paix en Angleterre, puis à Paris et ailleurs, il se distingue d’autres symboles par sa simplicité. Deux doigts levés : la compréhension est immédiate, le message, universel.
Dans les années 60, le peace and love fleurit sur les banderoles, les murs, les pochettes de disques, les vêtements. Ce signe devient le code des générations en quête d’amour et de paix universelle. Il rassemble toutes les voix, anonymes comme célèbres, étudiants, artistes, militants. Ce geste se mue en signe de reconnaissance collectif, dépassant largement les cercles militants.
Quelques exemples concrets illustrent son impact :
- Manifestations contre la guerre du Viêt Nam : la main levée, deux doigts écartés, devient une image de ralliement.
- Festivals, concerts, Victoires de la musique : le signe est adopté massivement, jusqu’à devenir un élément de la pop culture française.
- Groupes militants pour la paix : le geste apparaît dans chaque action, chaque photo collective.
La puissance du symbole réside dans sa capacité à traverser les cultures. De Londres à Paris, du militantisme à la mode, il s’adapte, se réinvente, sans jamais perdre son sens profond : exprimer une aspiration commune à l’apaisement et à l’espoir. Le signe ✌ agit comme un miroir : chacun y projette ses luttes, ses victoires, ses rêves de paix.
L’impact du signe de paix aujourd’hui : entre engagement, espoir et valeurs partagées
Le signe de paix ✌ flotte toujours sur les mobilisations citoyennes, les marches pour le climat, les concerts engagés. Il s’affiche sur les banderoles, circule sur les réseaux sociaux, s’invite dans les avatars. Les nouvelles générations s’en saisissent, l’adaptent, parfois le détournent, mais préservent l’essentiel : un appel à la paix universelle, à la tolérance, à la solidarité.
Qu’il serve à dénoncer la violence, à soutenir les victimes de conflits ou à exprimer une mobilisation écologique, le symbole pacifiste garde le même geste : deux doigts levés, message limpide. Il rassemble et apaise, il invite au dialogue. Un langage partagé, sans barrière de langue.
Quelques situations actuelles en témoignent :
- Mobilisations pour la paix au Proche-Orient : le signe ✌ circule dans les images, les hashtags, les slogans.
- Organisations comme Greenpeace ou Amnesty : usage récurrent, inscrit dans leur identité visuelle.
- Références spirituelles : certains y voient une image du Christ bras écartés, élargissant le geste au-delà du militantisme.
La signification du signe de paix n’a de cesse d’évoluer, mais il continue de porter cette force : refuser la résignation, affirmer le désir d’un monde plus serein. Ce geste relie, crée du lien, rappelle que la paix se construit chaque jour, collectivement, et que ce symbole, par sa simplicité, invite chacun à s’en saisir.

